Comment et pourquoi consigner ce qui peut, ce qui va ou ce qui est en train de se perdre ?

Ces questions appellent simultanément à celles de la réserve, de la présence et de la mise à distance des propos, un temps donné. La parole, seul instrument qui prend toute son ampleur dans le contexte de l’éhpad, aura permis une année d’expressions diverses, à travers l’expérience récurrente de ces ateliers audio, tour à tour publics ou confidentiels.

De fait, ce projet expérimental s’est vu emprunter les méandres d’un fil polyphonique qui aura dessiné une boucle commençant par une impulsion vers le collectif et s’interrompant dans une résonance de l’ensemble.

Petite anthologie, elle fait le tour d’un cadran jalonné de douze tentatives : douze propositions de jeux, douze essais, dont le point le plus commun serait celui du singulier dans le pluriel. Cette sélection d’épisodes, portion d’une archive audio et instrument des tissages relationnels dans l’établissement, témoigne d’une vitalité en prise avec des vents mais aussi, et surtout, de sa remise en jeu, effective et récurrente, quel qu’en soit le contexte, jusqu’au bout des possibles.

Éric Caligaris